Les fruitiers rares
 
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Article publié en 2009
Enrichi en 2013 et 2017
Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET
Tous droits réservés

 

 

Le Feijoa
Observations et conseils de culture

 

 

 

Dans mon jardin botanique situé sur le littoral méditerranéen (région de Toulon), je cultive une petite collection de feijoas, plantée en 1994 (sujets de 1 an lors de la plantation ; à la date de la publication initiale de l'article, les plants étaient âgés de 16 ans).

Elle est constituée de six variétés ('Triumph', 'Mammouth', 'Apollo', 'Gemini', 'Coolidge' et 'Unique'), deux pieds chacune, soit 12 pieds conduits en touffes en bordure d'un large chemin qui sépare deux parcelles.  
 

Acca sellowiana (Feijoa) : ligne d'arbustes âgés de 14 ans

Acca sellowiana (Feijoa) : ligne d'arbustes âgés de 14 ans

Pour l'une des variétés ('Unique'), il existe un troisième pied conduit en demi-tige à l'entrée du jardin botanique.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 12 ans conduit en demi-tige

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 12 ans conduit en demi-tige

Soit 13 arbustes au total.

Le Feijoa est certainement un des fruitiers les plus méritants que je cultive et je livre volontiers mon expérience de sa culture (non commerciale), selon le plan suivant : plantation, conduite, entretien, transplantation, rabattement/repercement, rusticité, multiplication.

 

PLANTATION

 

CONSEILS GENERAUX

Quelques conseils tirés de mon expérience personnelle.

Plantation en exposition plein soleil, à l'abri des vents dominants (parce que le bois est très cassant et pour une meilleure résistance au froid), par exemple derrière une haie.

Trou rempli moitié terre / moitié terreau de jardinerie (engrais inutile en plantation d'amateur).

Conduite en buisson (port naturel du Feijoa) préférable à la conduite en demi-tige pour l'abondance des récoltes et la résistance aux vents.

Tuteurage indispensable si région ventée, dès la plantation des jeunes sujets, même très petits.

Espacement optimum pour obtenir de très grosses récoltes au bout de douze à quinze ans : 5 m, soit 2,5 m de part et d'autre de chaque sujet. Avec un passage de 1 m entre deux sujets, cela laisse une largeur de ramure latérale de 2 m, soit 4 m de largeur pour le sujet.

Sinon, distance quelconque selon l'espace dont vous disposez. Il faut simplement tailler en rapport pour contenir les buissons dans l'espace que vous leur avez alloué.

Vous pouvez même planter deux variétés dans un seul trou, en orientant les deux jeunes plants en "V", à 45°. Il faudra simplement éviter trop de désordre dans le branchage au centre par une taille adéquate.

Epoque de plantation indifférente si le sujet à planter est en container (même en pleine période de sécheresse estivale, si l'arrosage est quotidien par la suite...). Bien que sempervirent, le Feijoa marque une pause de végétation pendant l'hiver. C'est au cours de cette pause (de la fin de la récolte à début mars) que l'on effectuera les transplantations en motte (éviter la transplantation à racines nues).

 

ETAPES DE LA PLANTATION

Pour les néophytes, voici les étapes de la plantation.

Etape 1 : réaliser un trou plus large d'un empan en tous sens que la motte à planter . Profondeur du trou : un empan de plus que la hauteur de la motte pour un petit sujet, deux empans pour un gros sujet.

Etape 2 : positionner le sujet dans le trou. Commencer par remplir le fond du trou par un mélange de terre et de terreau, à parts égales. Tasser assez fortement pour éviter que lors de l'arrosage cette couche de fond ne s'effondre et ne fasse baisser le niveau de plantation de la motte calculé avec le fond sec. Poser la motte au centre du trou. Avec l'aide d'un bambou ou d'un piquet métallique fin, vérifier que le collet du sujet est au niveau du sol et procéder aux ajustements  nécessaires de la couche du fond du trou. Le cas échéant, dégager le collet de la gangue de terre qui se serait constituée au-dessus de son niveau dans le container.

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (positionnement de la motte)

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (positionnement de la motte)

Etape 3 : vérifier l'alignement, si le sujet planté doit s'insérer dans une ligne de végétaux. Procéder aux ajustements nécessaires de la position de la motte et vérifier à nouveau le niveau du collet par rapport au sol.

Etape 4 : griffer la motte dans le cas où le sujet à planter provient d'un container. L'objectif est de décompacter la masse racinaire afin de faciliter le développement ultérieur des racines. Griffer avec la main ou avec un griffoir. Pour supporter le griffage sans s'effondrer, la motte doit être compacte, bien tenue par la masse racinaire. Si la motte est trop friable, s'abstenir de griffer. Pour ma part, je ne griffe jamais le dessous plat de la motte, lui réservant une fonction de stabilisation de celle-ci lors de la plantation.

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (griffagede la motte)

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (griffage de la motte)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (motte griffée)

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (motte griffée)

Etape 5 : pré-remplir le trou autour de la motte. L'objectif est de caler la motte tout en positionnant bien le sujet à 90 ° par rapport au sol. Déposer autour de la motte et jusqu'aux parois du trou un mélange terre / terreau à parts égales sur une hauteur de quatre doigts. Tasser fermement autour de la motte, en positionnant le sujet à la verticale par rapport au sol. Pour cela, corriger l'assiette en tassant du mélange sous la motte aux endroits requis avec la pointe de la main.

Etape 6 : vérifier les assiettes. Il s'agit de l'assiette nord-sud et de l'assiette est-ouest. Se placer successivement aux quatre points cardinaux par rapport à la motte, à quelques mètres de celle-ci, et vérifier que le sujet est vertical (angle de 90 ° avec le sol). Si le tronc est droit, c'est lui qui doit être vertical. Si le tronc est sinueux ou recourbé, c'est l'axe général du sujet qui doit être vertical. Dans ce cas, le tronc prend la position qui permet d'atteindre cet objectif. Si le tronc est multiple, c'est l'axe imaginaire du milieu de la touffe qui doit être vertical.

Etape 7 : remplir le trou autour de la motte calée. Mélange terre / terreau à parts égales. Tasser légèrement. Arrêter le remplissage à trois doigts du haut du trou. C'est la couche de finition, après l'arrosage, qui va terminer le comblement du trou.

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (remplissage du trou par mélange moitié terre / moitié terreau)

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (remplissage du trou par mélange moitié terre / moitié terreau)

Etape 8 : arroser avant la couche de finition. L'objectif de l'arrosage est double : humidifier la motte et tasser le mélange de remplissage autour de celle-ci. Le niveau du mélange de remplissage baisse dans le trou. Il sera rattrapé par le dépôt de la couche de finition. Pour un petit sujet, un arrosoir de 11 L suffit. Pour les sujets en containers de 3 L à 20 L, verser deux arrosoirs, en attendant que l'eau du premier soit complètement absorbée pour verser le second. Pour les sujet en containers de 25 L et plus, verser 3 arrosoirs (voire plus si très gros sujets...).

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (arrosage avant couche de finition)

Acca sellowiana (Feijoa) : plantation (arrosage avant couche de finition)

Etape 9 : déposer la couche de finition, à ras bord. Il s'agit de terre sans addition de terreau afin de garantir une bonne tenue à la surface autour du sujet planté. Ne pas tasser ; araser la surface du sol avec des mouvement de va-et-vient larges du plat de la main. Ne pas arroser après avoir déposé la couche de finition.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet planté (après dépôt de la couche de finition)

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet planté (après dépôt de la couche de finition et avant tuteurage)

Etape 10 : tuteurer. Attacher le tuteur au tronc, ou à l'un des troncs s'il s'agit d'une touffe. Ou éloigner le tuteur du tronc et l'attacher à l'une des grosses charpentières de la base. Si le sujet est très jeune, planter le tuteur à côté du collet et l'attacher à l'une des branchettes proches.

Etape 11 : réaliser une cuvette pour l'arrosage. Pour cela, utiliser de la terre brute (non amendée de terreau) pour édifier tout autour du tronc un monticule circulaire de quatre à cinq doigts de hauteur et autant de large. Tasser avec les deux mains pour assurer l'imperméabilité de la cuvette. Diamètre de la cuvette : un à deux empans selon la taille du sujet planté (voire plus, si très gros sujets). Pour tester la taille de la cuvette, s'assurer qu'elle peut contenir sans déborder au moins un arrosoir de 11 L versé à jet doux sans avoir à s'interrompre.

 

CONDUITE

 

Selon le plan suivant : conduite, taille de formation d'une touffe, taille de formation d'un arbre en demi-tige, évolution des plants, observation du bois.
 

CONDUITE

Le port naturel du Feijoa est la touffe. C'est un arbuste très ramifié. C'est la conduite que j'ai adoptée pour la quasi-totalité de mes feijoas.

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste de 12 ans conduit en touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste de 12 ans conduit en touffe
(noter que le plant est plus large que haut)

Mais j'apprécie la conduite en demi-tige (tronc de 1-1,20 m) pour son aspect ornemental. C'est pour cela que j'ai planté un sujet en demi-tige à l'entrée du jardin botanique.

Les sujets conduits en demi-tige fructifient normalement, mais leur production est moins importante que celle des touffes parce qu'ils n'ont qu'un seul tronc (les touffes en ont trois ou quatre) et parce qu'ils ne peuvent pas s'étendre autant en largeur que ne le fait une touffe.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige
 
Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige
(on distingue les fruits de couleur verte sur l'arbre et au sol)

Toutefois, comme cela est visible sur la photographie ci-dessus, je laisse la ramure s'étendre au maximum en largeur au-dessus du tronc (en ne taillant pas, ou très peu), de façon à obtenir le plus grand nombre possible de fruits.

 

TAILLE DE FORMATION D'UNE TOUFFE

Je précise un point concernant la constitution de la touffe : il ne s'agit pas de plusieurs troncs partant du sol.

En effet mes feijoas sont greffés. Bien que la greffe soit réalisée au collet, il faut que les trois ou quatre futurs troncs partent d'yeux au-dessus de la greffe, ce qui nécessite une hauteur de tronc d'un empan environ.

Très rapidement le mini-tronc s'élargit et les pousses initiales, qui deviennent les troncs de la touffe ont l'air de partir du même niveau.

Acca sellowiana (Feijoa) : départ des troncs de la touffe à partir d'un mini-tronc unique

Acca sellowiana (Feijoa) : départ des troncs de la touffe à partir d'un mini-tronc unique

Pour la taille de formation, je veille à ce que seulement trois ou quatre pousses se développent juste au-dessus de la greffe et à ce que les yeux à partir desquels elles se développent soient les plus proches possibles les uns des autres. J'élimine les pousses éventuelles en surnombre.

Je taille ces futurs troncs à trois empans de longueur, afin d'éviter qu'ils ne s'allongent trop et pour provoquer la ramification au-dessous du point de taille.

Je laisse ensuite la ramure se développer naturellement sans taille. J'élimine seulement les rameaux qui se seraient développés sur les deux premiers empans de chaque tronc, dénudant ainsi ceux-ci sur cette longueur.

 

TAILLE DE FORMATION D'UN ARBRE EN DEMI-TIGE

Je sélectionne une pousse (la plus vigoureuse) au-dessus de la greffe et je supprime toutes les autres.

Je la laisse monter à cinq empans de haut et je la taille, de façon à obtenir au-dessous un départ de charpentières. Celles-ci s'établissant sur un empan, il en résulte un tronc de quatre empans, soit environ 1 m de haut.

Je laisse se développer les trois à quatre charpentières les plus hautes en veillant à ce qu'elles soient bien orientées en tous sens pour former un gobelet. Je coupe au ras du futur tronc toutes les pousses existant, ou apparaissant par la suite, au-dessous de la charpentière la plus basse.

Une fois les charpentières développées, je les raccourcis à deux empans de longueur. Mais, contrairement à ce que fais avec le pommier, je n'éclaircis pas le centre du gobelet et je conserve toutes les ramifications qui apparaissent sur les charpentières, même celles dirigées vers le bas.

Je ne raccourcis pas les rameaux nés des charpentières qui ont été taillées à deux empans de longueur. Je laisse la ramure se développer naturellement et prendre de la largeur. 

 

EVOLUTION DES PLANTS

J'ai constaté que la croissance du Feijoa est lente les cinq premières années.

Mes arbres conduits en touffes légèrement plus larges que hautes, sans taille autre qu'une régularisation esthétique, ont atteint à l'âge de douze ans une hauteur de 2,5 m, pour une largeur de 3 m.

Je n'ai pas constaté de différences significatives de vigueur entre les 6 variétés de Feijoa que je cultive.

Dans mon terroir, le Feijoa ne dépasse pas 3,5 m de haut pour 4 m de large s'il n'est pas taillé. J'ai pu toutefois observer à Hyères, chez un pépiniériste, un individu âgé conduit en arbre sur un seul tronc, abrité dans le creux de deux serres chapelles en L, qui atteignait 5 mètres de haut.

Dans mes conditions de culture, une fructification importante n'a été atteinte qu'au bout de huit ans. Mes arbres ont atteint une fructification maximale vers l'âge de douze ans, correspondant au développement quasi maximal de la ramure.

 

OBSERVATION DU BOIS

Le bois du Feijoa est brun clair. Il se desquame par petites plaques laissant apparaître une couleur rouge. L'ensemble produit un effet agréable à l'oeil.

La desquamation est très visible au niveau des troncs (mini-tronc et charpentières basales jouant le rôle de troncs de la touffe).

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des troncs

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des troncs

Elle affecte aussi les branches secondaires.

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des branches

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des branches

Elle existe même au niveau des rameaux, qu'ils soient à l'intérieur ou en périphérie de l'arbre.

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des rameaux

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des rameaux

Les rameaux de l'année sont blanchâtres et duveteux (comme les boutons floraux et le revers des jeunes feuilles) lorsqu'ils sont jeunes, c'est à dire tant qu'ils ne se sont pas lignifiés.

Acca sellowiana (Feijoa) : jeune rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : jeune rameau de l'année

 

ENTRETIEN

 

Selon le plan suivant : adaptation au sol, arrosage, désherbage, taille d'entretien, apport d'engrais, éclaircissage des fruits, traitements phytosanitaires, protection contre le vent, perte de feuilles.
 

ADAPTATION AU SOL

En ce qui concerne l'adaptation au sol, je puis préciser que j'ai constaté une tendance légère à la chlorose (feuillage jauni en partie) pour 3 de mes sujets, sur les 13 que je cultive. Tous mes feijoas sont plantés dans un sol très profond, constitué de limon argilo-sableux de pH 7,4.

Je ne m'explique pas cette chlorose légère de 3 sujets plantés dans une ligne de 12 sujets, dont les 9 autres ne présentent aucun signe de chlorose. Peut-être sont-ils situés sur une veine plus calcaire que le reste de la parcelle ? 

La chlorose que j'ai observée ne perturbe pas la fructification (ni en qualité, ni en quantité), bien que les fruits présentent une couleur plus claire que ceux des sujets non chlorotiques.

Je me contente d'épandre avant arrosage du chélate de fer au pied des sujets chlorotiques, de temps à autre au cours de l'année (pas de traitement régulier).

 

ARROSAGE

La première année, en période sèche, j'arrose tous les deux jours sous mon climat de grande siccité de l'air et du sol pendant l'été.

La deuxième année, j'arrose abondamment (un deuxième passage après ressuiement complet) deux fois par semaine en période sèche.  

A partir de la troisième année, j'arrose les pieds de façon abondante une fois par semaine en période sèche.

Lorsque la plante est âgée (une dizaine d'années), je n'arrose plus qu'une fois toutes les trois semaines en période sèche. Mais j'ai remarqué qu'un arrosage plus fréquent quand les fruits ont commencé à se développer augmente la taille de ceux-ci.

Cuvette d'arrosage conseillée, mais pas indispensable. Elle permet de faire bénéficier l'arbre du maximum d'eau par arrosage, évitant le ruissellement de celle-ci.

Je n'ai pas eu recours au paillage ou au goutte à goutte, que j'ai mis en oeuvre pour d'autres fruitiers.

Je pense que ces deux techniques induiraient, en sus d'une économie d'eau d'arrosage, un effet bénéfique sur la grosseur des fruits plus important que celui que j'obtiens déjà avec mes arrosages manuels au tuyau.

 

DESHERBAGE

L'enracinement est traçant et superficiel. J'ai remarqué de grosses racines affleurant à la surface du sol, que je mets en partie à nu par mes arrosages, même si je n'effectue pas ceux-ci à jet tendu.

Acca sellowiana (Feijoa) : les racines affleurent à la surface du sol

Acca sellowiana (Feijoa) : les racines affleurent à la surface du sol
(sujet de 20 ans transplanté avec grosse racine coupé ; racines dénudées par l'arrosage, pourtant à jet doux)

Il faut être prudent pour les travaux du sol autour des feijoas, sous peine de meurtrir les racines.

Pour ma part, je ne laboure pas, et lorsque je bine le pied des feijoas pour les désherber, je prends garde à rester en surface.

 

TAILLE D'ENTRETIEN

Une fois la touffe formée, je ne pratique pas de taille annuelle, surtout pas en hauteur (pour éviter un "effet balai" très inesthétique...). 

Je me contente de régulariser les branches qui dépassent de façon trop marquée de la touffe et d'éliminer les rameaux secs ou cassés par le vent.

Le Feijoa étant extrêmement ramifié, il ne faut pas s'occuper des branches qui s'entrecroisent à tous niveaux, sous peine de déstructurer l'arbuste.

Acca sellowiana (Feijoa) : densité des ramifications

Acca sellowiana (Feijoa) : densité des ramifications

En particulier, je n'éclaircis pas l'intérieur de mes feijoas. En sus de la préservation de la structure de l'arbuste, je maintiens ainsi la densité du feuillage, qui influe sur l'esthétique, car le feuillage est déjà peu dense naturellement.

Au début, je ne coupais pas les rameaux de périphérie du bas de la touffe. Retombants, ils cachaient les troncs et donnaient à la touffe un aspect général qui me plaisait beaucoup. En période de fructification, ils ployaient sous le poids des fruits et ils touchaient le sol.

Mais, au fil des années, j'ai pu constater que cela rendait la récolte, que j'effectue toujours au sol par ramassage des fruits tombés, difficile, voire pénible. Pour aller chercher sous la ramure les fruits tombés près des troncs, il fallait soulever ces rameaux touchant le sol.

J'ai dû trouver un compromis entre esthétique (à mon goût) et facilité de récolte. Et, ainsi, supprimer ou raccourcir les rameaux se trouvant près du sol...

C'est par l'habitude et l'observation que vous pourrez déterminer à quelle hauteur vous coupez les rameaux de périphérie dans le bas de l'arbre.

Il vaut mieux tailler entre la fin de la récolte et début mars.

Si vous taillez au printemps ou en été, vous enlevez des rameaux de l'année (le plus souvent porteurs de boutons floraux) et vous perdez la fructification qui va se faire sur ces rameaux. Vous supprimez aussi les boutons floraux de type "boutons vrais" qui sont apparus sur les rameaux de l'année précédente, donc une bonne partie de la fructification.

La quasi-absence de taille que je préconise peut paraître à certains contraire à une production fruitière optimale (crainte d'un manque de soleil et de circulation d'air à l'intérieur de la touffe...). 

Pour le Feijoa, il me semble que pour obtenir des fruits il faut avant tout avoir le maximum de branches générant des boutons floraux et non un nombre restreint de branches inondées de soleil.

Le feijoa est naturellement aéré. Même pour les sujets non taillés, on voit toujours au travers d'une touffe de Feijoa...

En observant attentivement mes feijoas, j'ai constaté que cela provient de la conjugaison de plusieurs caractères de l'espèce.

Les rameaux du  Feijoa possèdent des entre-noeuds assez longs, de taille variable et souvent longs selon leur emplacement sur le rameau. Les feuilles sont de petite taille. Les rameaux sont longs et grêles. Ceux de deux ans et plus se dégarnissent naturellement dans leur partie basse ou médiane.

On peut comprendre pourquoi aération et lumière ne constituent pas le problème principal à traiter (par la taille) pour obtenir une forte fructification.

Ainsi, bien que ne taillant pratiquement pas, je constate une fructification abondante.

Je n'ai jamais pesé la production annuelle de mes plants, mais j'ai pesé mes récoltes hebdomadaires à plusieurs reprises et j'ai pu déduire que chacun de mes plants produit plusieurs dizaines de kilogrammes de fruits par an. Sans pouvoir dire si cette production a dépassé 50 kg certaines années pour les pieds les plus productifs...

Au fil de mes lectures agronomiques en plusieurs langues, j'ai pris connaissance de préconisations émanant d'auteurs différents relatives aux techniques de taille pour les vergers commerciaux.

Je ne sais pas quelle serait l'incidence sur la production de mes plants de la mise en application de celles-ci, et n'ai pas vocation à les expérimenter, ni motivation pour le faire, étant très satisfait par l'abondance de mes récoltes.

J'ai même trouvé l'exemple d'un verger commercial en Uruguay qui me conforte dans ma pratique de taille (très réduite) actuelle.
 

Acca sellowiana (Feijoa) : verger commercial en Uruguay, conduit en touffes non taillées

Acca sellowiana (Feijoa) : verger commercial en Uruguay, conduit en touffes non taillées
(crédit :
J. N. Cunda Sisto)

Ce verger est présenté en page 42 de la thèse d'ingénieur agronome de Juan Nicolás CUNDA SISTO, intitulée "Caracterización de plantas de Guyabo del país (Acca sellowiana (Berg) Burret) desde un enfoque frutícola" et soutenue à la faculté d'agronomie de Montevideo, Uruguay, en 2006.

Il est établi dans la région de Montevideo et est constitué de 14 touffes âgées de 28 ans, espacées de 5 m sur la file et de 6 m sur le rang. Aucune taille de fructification n'est pratiquée ; la taille se résume à la suppression des rameaux qui entravent la circulation entre les touffes. L'auteur précise aussi qu'aucun éclaircissage des fruits n'est pratiqué.

L'étude du verger fait apparaître que pour l'année 2004, sans aucune irrigation, la production de fruits pour chacun des deux plants les plus productifs a été de l'ordre de 65 kg. L'un de ces deux plants a produit environ 5.500 fruits, l'autre environ 3.800 fruits.

Toutefois, comme le précise l'auteur de la thèse, le verger étudié est un petit verger familial aux débouchés commerciaux locaux et l'Uruguay est un pays où la culture du Feijoa est relativement rare et ne s'effectue que sur de petites parcelles.

C'est pourquoi, je pense, en toute rigueur, que les personnes souhaitant établir un verger commercial de feijoas et cherchant des rendements maximaux à l'hectare doivent étudier les techniques de taille utilisées dans les vastes vergers commerciaux de Nouvelle-Zélande, premier producteur mondial de feijoas.

Néanmoins, je ne suis pas sûr qu'elles y trouvent un avantage car j'ai noté que l'auteur de la thèse précise que le rendement moyen qu'il a constaté dans ce petit verger familial d'Uruguay est comparable à ceux des vergers commerciaux observés par d'autres auteurs en Nouvelle-Zélande (en 2002) et au Brésil (en 2000).

Pour ces vergers, le rendement annuel moyen satisfaisant (verger bien établi) était estimé à 30 à 40 kg par pied.

 

APPORT D'ENGRAIS

En 17 ans de culture, je n'ai jamais donné d'engrais à mes 13 pieds de Feijoa et j'ai toujours été satisfait de l'abondance de mes récoltes annuelles.

Toutefois, il s'agit de récoltes globales sur mes 13 pieds et j'ai observé une irrégularité du volume des récoltes sur un même pied d'une année sur l'autre, quelle que soit la variété.

Pris par les innombrables tâches de mon jardin botanique, je n'ai pas réalisé d'étude, ni même d'observations précises, sur ce phénomène.

Je puis simplement dire qu'il s'agit d'une certaine forme d'alternance, mais pas d'une alternance franche de type production une année / absence de production l'année suivante.

J'ai pu noter que, la même année, un des deux pieds d'une variété peut présenter des fruits peu abondants et de petite taille, alors que le deuxième pied de la variété charge abondamment avec des fruits de grosse taille.

Dans d'autres cas, je n'ai pas observé cette différence nette de production, mais j'ai remarqué que les fruits d'un pied donné sont plus ou moins gros d'une année sur l'autre. Par exemple, une année les fruits les plus gros pour le pied considéré pèsent de l'ordre de 120 g et l'année suivante les fruits les plus gros sur le même arbre ont un poids d'environ 90 g.

Je pense qu'un apport annuel d'engrais aurait un impact bénéfique sur ces phénomènes et permettrait la régularité des récoltes d'une année sur l'autre pour l'ensemble des plants.

Selon V. A. EVREINOFF, la culture en vergers commerciaux nécessite un programme d'apport d'engrais (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5 pp. 323-329).

Il indique que la fumure des arbres conditionne un rendement plus régulier et abondant et précise que le fumier fournit les meilleurs résultats (en Crimée, on en donnait 25-30 kg par an et par pied à la fin de l'été).

Il mentionne aussi les engrais chimiques, aux dosages suivants tous les deux ans : 350 g de sulfate d'ammoniaque, 500 g de superphosphate, 20 g de sulfate de potasse.

 

ECLAIRCISSAGE DES FRUITS

Outre l'apport d'engrais, je pense que pour atténuer les irrégularités d’abondance de récolte d’une année sur l’autre il pourrait être envisagé de pratiquer l'éclaircissage des fruits, au début de leur formation mais lorsqu'ils sont bien identifiables et que le risque de chute physiologique n'existe plus.

Ce procédé pourrait permettre aussi d'atténuer l’hétérogénéité de taille des fruits d'une année sur l'autre. En tout état de cause, les fruits étant moins nombreux une fois éclaircis, leur taille sera supérieure à celle de fruits plus nombreux que l'on n'aurait pas éclaircis.

Je n’ai jamais pratiqué l'éclaircissage sur le Feijoa, mais les retours d’expérience trouvés dans différents articles indiquent que chez les producteurs de feijoas cette méthode a pu être utilisée avec profit (l’espèce réagit bien à l’éclaircissage).

Une première mesure (assez drastique...) à tester est simple : éclaircir uniquement au niveau des groupes de fruits pour ne conserver qu’un fruit par groupe.

Une seconde mesure, à ne tester selon moi qu’après observation des résultats de la première, serait également à étudier : il s’agit de ne laisser qu’un fruit par portion de branche fructifère (par exemple tous les 30 cm). Mais, faute d’avoir expérimenté ce procédé, je ne sais pas déterminer quelle est la longueur optimale de la portion de branche sur laquelle ne conserver qu’un fruit.

Compte tenu de ce que j’ai pu observer du mode de fructification du Feijoa, je ne ferais aucune distinction relative à la position de la branche fructifère sur l’arbre.

J’appliquerais les deux mesures indifféremment pour toutes les branches fructifères, qu’elles soient en périphérie ou à l’intérieur de l’arbre, et qu’elles se situent au bas, à mi-hauteur ou dans la zone sommitale de l’arbre.

Mais je reste très prudent sur l'opportunité de pratiquer l'éclaircissage des fruits sur le Feijoa.

J'y vois un risque d'appauvrissement significatif des récoltes tous les ans, sans contrepartie suffisante par une meilleure régularité de l'abondance des récoltes d'une année sur l'autre.

C'est pourquoi il me semble que le recours à l'éclaircissage ne devrait être décidé qu'après observation fine du phénomène d'alternance auquel on se trouve confronté et évaluation des effets de l'apport d'engrais sur celui-ci.

Il conviendrait en outre de mener des tests sur un seul plant ou sur un nombre restreint de plants.

Toutefois, l'éclaircissage peut être utilisé sans restriction si l'objectif est d'obtenir uniquement des fruits de belle taille, en acceptant que la récolte soit vraisemblablement d'un poids global inférieur à celui que l'on obtiendrait sans avoir éclairci les fruits (dans une proportion à déterminer...).

 

TRAITEMENTS PHYTOSANITAIRES 

Je n'ai jamais traité aucun de mes 13 pieds de Feijoa.  

Mais, ces dernières années, j'ai noté des dégâts de fruits causés par la mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann). Ces dégâts sont généralement peu importants, mais, une année, 90 % des fruits ont été inconsommables sur un de mes plants de Feijoa.

Les piqûres de ponte de la cératite sont très difficiles à déceler en raison de l'aspect bosselé et fripé de l'épiderme des feijoas. Hors fruits pourris ou fruits dans lesquels des larves peuvent être trouvées (fruits très mous), il peut être difficile de déceler si le fruit est touché.

Le premier indice est la présence de taches irrégulières de couleur brunâtre plus ou moins étendues à la surface de la pulpe lorsque l'on ouvre le fruit, ou au sein de la pulpe entamée.

Pour avoir confirmation qu'il s'agit bien de dégâts de cératite, et non d'une évolution de la pulpe vers la maturité complète, je procède de la façon suivante : je retire la totalité de la pulpe du demi-fruit (le fruit a été coupé en deux pour être consommé) d'un coup de petite cuillère et je la retourne à côté du demi-fruit vidé de sa pulpe.

Je constate alors que les tâches brunâtres persistent au dos de la pulpe enlevée, partie de celle-ci en contact avec l'épiderme. Je constate aussi que le dessous de l'épiderme du demi-fruit vidé de sa pulpe est également tâché.

Pour combattre la cératite, j'utilise les sticks attractifs englués de couleur jaune, avec une préférence pour Med Fly stick A  de la marque Adolive. Ils sont vendus par certaines coopératives agricoles et jardineries, ou directement par Adolive.

Il existe des sticks de même type d'autres marques, que vous pouvez comparer à mon choix, mais ils me semblent moins pratiques : leur diamètre est plus petit (donc ils sont plus étroits et plus longs) et leurs trous, juste amorcés, doivent être percés par l'utilisateur (difficilement, dans certains cas).

Le stick est un tube creux en matière plastique de couleur jaune, recouvert de glu et qui contient un appât alimentaire en poudre destiné aux diptères (phosphate d’ammonium), dont l'odeur diffuse par trois trous situés dans le haut du tube. Il faut retenir que ce n'est pas un piège à phéromones.

La glu utilisée est posée à chaud (150°) selon un procédé qui la rend résistante au soleil, au vent et aux intempéries.

Le tube est muni à son extrémité d'un crochet souple par lequel on le fixe en hauteur à une petite branche extérieure.

Principe du stick : attirées par la couleur jaune du tube et par l’odeur qui s’en dégage par les trois trous du sommet, les mouches se posent sur le stick et restent collées avant qu'elles n'aient pu pondre.

Selon mon expérience, l'efficacité de ces sticks jaunes est relative. Il faut considérer leur utilisation comme un moyen de limiter la pression du ravageur plutôt que pour l'éliminer.

Une protection maximale ne serait atteinte que par traitement chimique (pulvérisation d'un produit contre les mouches des fruits, à acheter en jardinerie), auquel je n'ai jamais eu recours.

 

PROTECTION CONTRE LE VENT

Le bois du Feijoa est très cassant. A titre d'exemple, si, en reculant, on touche du dos par inadvertance la pointe d'un rameau à l'horizontale, celui-ci se casse.

Toutefois les rameaux sont légers et n'ont pas de prise au vent individuellement.

Les principaux dégâts du vent ne sont pas des cassures, mais des arrachements. C'est la prise au vent globale, qui augmente au fur et à mesure que la ramure de la touffe prend du volume, notamment en largeur, qui est la source des arrachements.

Je constate rarement que des branches secondaires ou des rameaux sont cassés par le vent.

Mais, lorsque la ramure a atteint une largeur de 2 à 3 m sur autant de hauteur, parfois même avant, il arrive que des charpentières soient arrachées avec un morceau de tronc, lui-même arraché.

Il arrive aussi qu'un des troncs se fende à la base, sous l'effet du mouvement de la partie de la ramure qui en dépend, sans qu'il n'y ait aucun arrachement.

A la plantation, je tuteure solidement le tout jeune plant par l'un des futurs troncs. Les deux ou trois autres jeunes pousses qui deviendront des troncs et que je ne tuteure pas sont assez souples et légères pour bouger sans se rompre lors de fortes rafales de vent.

Sur mes 13 sujets, 3 ont eu une base de tronc fissurée et 5 ont connu des arrachements de branches.

Dans le cas d'arrachement, je coupe la partie arrachée, je pare la plaie et je l'enduis de mastic de cicatrisation.

Dans le cas de fissuration d'un des troncs à la base, pour éviter qu'elle ne s'aggrave, je maintiens collés les bords de la fissure par des anneaux très serrés de fil de fer pour grillage, disposés de façon très proche les uns des autres tout le long de la fissure. Et, pour éviter l'entrée de parasites par la fissure, je mastique largement la fissure des deux côtés du tronc.

Je fais de même dans le cas d'une branche charpentière qui est fissurée, ce qui arrive aussi.

J'ai lu dans la littérature néo-zélandaise que le Feijoa pouvait être utilisé en haie brise-vent et j'ai effectivement vu des photographies de ces haies de feijoas.

Il s'agit de haies avec des pieds disposés à 1-1,5 m les uns des autres et taillés assez courts, ce qui limite considérablement la prise au vent individuelle de chacun des troncs (et ce qui limite aussi considérablement la fructification...).

Pour ma part, j'ai voulu constituer une ligne de feijoas pour séparer deux parcelles le long d'un large chemin enherbé. Le résultat esthétique est celui escompté, mais, par rapport aux dégâts du vent, j'aurais mieux fait d'établir mes feijoas derrière une haie d'Elaeagnus x ebbingei de 3 m de haut, comme c'est le cas pour un certain nombre de mes fruitiers.

C'est ce que je conseille, avec l'expérience, dans les régions ventées.

 

PERTES DE FEUILLES

Certains s'inquiètent de la perte de feuilles assez abondante qui peut apparaître, notamment en parties basses, sur les feijoas. Ils s'interrogent sur l'insuffisance des apports d'eau.

Il n'en est rien si les plants sont copieusement arrosés une fois par semaine en période sèche.

Les branches du Feijoa se dégarnissent naturellement dans leur partie basse ou médiane et il en est de même pour les rameaux de deux ans et plus.

Bien que sempervirent, le Feijoa présente une tendance naturelle à un renouvellement partiel annuel des feuilles, plus ou moins accentué selon les années.

Des feuilles sèchent et tombent en début de printemps et de nouvelles feuilles sont apportées par les rameaux qui poussent sur les parties dénudées, y compris à l'intérieur du buisson.

Une perte de feuilles peut aussi intervenir en cours d'hiver. Si l'individu est jeune et que des pointes de froid dépassent -7°C, un jaunissement du feuillage et une perte assez importante de feuilles peuvent être constatés. Pourtant le Feijoa adulte est très rustique (voir les observations de rusticité que je donne en fin d'article).

Dans tous les cas de perte de feuilles, la touffe reprend assez rapidement un bel aspect.

 

TRANSPLANTATION

 

FACILITE DE TRANSPLANTATION

Bien que sempervirent, le Feijoa ne pose pas de problèmes de transplantation.

C'est ce que j'ai constaté en transplantant, pour mon compte ou pour celui d'amis, des petits ou moyens sujets âgés de 2 à 5 ans et dont la taille variait entre 0,50 m et 1,20 m.

J'ai pris toutefois deux précautions : j'ai transplanté avec une bonne motte (un empan à un empan et demi de rayon autour du tronc et deux empans de profondeur ; moins pour les petits sujets) ; j'ai réalisé la transplantation au cours de l'hiver car le Feijoa, bien que sempervirent, marque une pause de végétation durant l'hiver.

Dans ces cas de transplantation, je n'ai pas rabattu, ni éclairci, les sujets et j'ai constaté une excellente reprise en donnant le même arrosage que pour des petits sujets en containers issus de pépinière.

Je n'ai jamais tenté une transplantation à racines nues, la transplantation en motte étant relativement facile.

J'ai aussi procédé à la transplantation d'un sujet plus gros (10 ans ; hauteur 1,80 m, tronc assez fort). Je n'ai pas rencontré de difficultés particulières et j'ai pu constituer une belle motte, manipulable par deux personnes.

Le sujet a été placé dans un gros container et il a bénéficié d'arrosages fréquents en période sèche pendant deux saisons.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans déplanté avec la motte et placé deux ans en gros container

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans déplanté avec la motte et placé deux ans en gros container

Au terme de celles-ci, les racines qui s'étaient développées remplissaient totalement le container.

Acca sellowiana (Feijoa) : ouverture du container contenant un sujet de 10 ans déplanté en motte

Acca sellowiana (Feijoa) : ouverture du container contenant un sujet de 10 ans déplanté en motte
(le sujet a été laissé deux ans dans le container, pour assurer sa reprise)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : développement racinaire d'un sujet déplanté de 10 ans, après deux ans de container

Acca sellowiana (Feijoa) : développement racinaire d'un sujet déplanté de 10 ans, après deux ans de container
(les racines remplissaient totalement le container)

Le sujet a pu être replanté sans difficultés autres que son poids, la nouvelle motte étant tenue par les racines développées pendant les deux saisons d'attente en gros container.

Et il a repris facilement, sa masse racinaire étant importante et compacte lors de la replantation.

Pour ce sujet assez gros, je n'ai pas procédé à un rabattement des charpentières.

Au moment de la mise en container, après déplantation en motte, j'ai éclairci fortement la ramure et j'ai raccourci tous les rameaux en périphérie de la touffe, diminuant significativement le volume de celle-ci.

Et, juste avant replantation, j'ai procédé à un léger équilibrage d'ordre esthétique de la ramure.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans avec ramure éclaircie et légèrement raccourcie, pour transplantation

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans avec ramure éclaircie et légèrement raccourcie, pour transplantation
(noter qu'aucun rabattement sévère n'a été réalisé)

Au cours des transplantations précitées, j'ai observé que le Feijoa ne produit pas de racine pivotante.

J'ai remarqué toutefois qu'il émet de grosses racines très près de la surface. Mais elles peuvent être facilement tranchées avec la bêche (pour le sujet de dix ans, quelques racines ont dû être sectionnées avec une cisaille).

Acca sellowiana (Feijoa) : l'arbre émet de grosses racines près la surface

Acca sellowiana (Feijoa) : l'arbre émet de grosses racines près la surface
(sujet transplanté âgé de 10 ans)

 

TRANSPLANTATION DE GROS SUJETS

J'ai réalisé aussi des transplantations de gros sujets.

J'ai effectué en février 2009 une première transplantation de touffes âgées de 16 ans (au sein de mon jardin botanique). A cette occasion, j'ai rabattu les charpentières à environ 1 m du sol et j'ai sectionné de très grosses racines situées peu au-dessous du sol.

Déplantation en grosses mottes qui nécessitaient deux personnes pour les manipuler. Transport (difficile) sur brouettes, avec maintien des touffes par un accompagnant pendant le transport.

Les touffes ont bien repris, moyennant un arrosage suivi en période sèche.

Acca sellowiana (Feijoa) : reprise d'une touffe de 16 ans après recépage sévère et transplantation

Acca sellowiana (Feijoa) : reprise d'une touffe de 16 ans après recépage sévère et transplantation

Une partie de ces gros sujets a subi une deuxième transplantation quatre ans après, en février 2013, à l'âge de 20 ans. Le déplacement s'est effectué cette fois sur 30 km.

J'ai décidé de ne procéder à aucune taille des touffes car elles avaient repris très lentement une belle ampleur.

J'ai fait constituer d'énormes mottes avec une pelleteuse, puis j'ai fait intervenir un camion-grue pour enlever et transporter les touffes. La pelleteuse a creusé d'énormes trous au point d'arrivée et le camion-grue y a déposé les touffes.

La reprise n'a posé aucun problème, avec un arrosage suivi en période sèche.

Mais les arbres n'ont connu une pousse annuelle significative que quatre ans plus tard, à l'âge de 24 ans.

Acca sellowiana (Feijoa) : touffe de 24 ans bien établie, après double transplantation à 16 et 20 ans

Acca sellowiana (Feijoa) : touffe de 24 ans bien établie, après double transplantation à 16 et 20 ans

 

Acca sellowiana (Feijoa) : feuillage d'une touffe de 24 ans bien établie, après double transplantation à 16 et 20 ans

Acca sellowiana (Feijoa) : feuillage d'une touffe de 24 ans bien établie, après double transplantation à 16 et 20 ans

 

CHUTE SIGNIFICATIVE DE FRUCTIFICATION

Après la première transplantation de mes gros sujets, j'ai constaté  une chute très significative de la fructification (en nombre de fruits et en poids unitaires) et une remontée extrêmement lente du volume des récoltes les années suivantes.

En 2016, soit 7 ans après le recépage et 3 ans après la deuxième transplantation, la récolte était toujours divisée par 3 à 5 selon les pieds... Et les poids unitaires étaient toujours divisés par 2...

Il y a certainement eu l’incidence de la diminution du volume racinaire (même si celle-ci a été limitée par des transplantations réalisées avec des mottes importantes).

Pour moi, c’est la diminution du nombre global de rameaux des arbres (recépage sévère des touffes avant première transplantation pour favoriser la reprise), ainsi que la lenteur de la reconstitution de la ramure qui sont en cause.

Je pense qu'il aurait fallu recéper de façon moins drastique lors de la première transplantation. Et arroser beaucoup plus fréquemment les touffes les années suivantes car, à part le premier été après transplantation, elles n'ont été arrosées qu'une fois toutes les trois semaines en période sèche.

L'idéal eut été, pour minimiser la perte de volume racinaire, de procéder à la première transplantation avec des mottes énormes, en mettant en oeuvre pelleteuse et camion-grue, comme cela a été fait pour la seconde transplantation.

 

RABATTEMENT / REPERCEMENT

 

Au cours des transplantations des gros sujets, j'ai pu constater que le Feijoa réagit bien au rabattement.

Il reperce facilement sur les vieilles branches rabattues et il reperce même sur les troncs de la touffe.

 

REPERCEMENTS APRES RABATTEMENT

En février 2009 j'ai rabattu à environ 1 m de haut les plants de 16 ans avant transplantation. Il s'agit en fait de la hauteur la plus fréquemment adoptée ; en fonction de leur position et de leur orientation, certaines charpentières ont été rabattues plus bas (0,50 à 0,80 m) et quelques unes l'ont été un peu plus haut (1,20 m).

Après replantation, j'ai observé un repercement très satisfaisant sur les portions de charpentières conservées (dès la première année qui a suivi le rabattement).

Acca sellowiana (Feijoa) : repercements sur une charpentière sévèrement rabattue

Acca sellowiana (Feijoa) : repercements sur une charpentière sévèrement rabattue

 

Position et nombre de repercements

Les repousses sont apparues juste au-dessous des coupes des charpentières.

Elles ont été assez nombreuses (de trois à cinq), généralement bien réparties en tous sens, le plus souvent avec un angle de 45° par rapport à l'axe de la charpentière mais parfois assez proches de la verticale.

Acca sellowiana (Feijoa) : repercements sur le pourtour de deux charpentières sévèrement rabattues

Acca sellowiana (Feijoa) : repercements sur le pourtour de deux charpentières sévèrement rabattues
(une de face avec plaie de taille mastiquée, l'autre au-dessus, à droite ; photographie 8 ans après le rabattement)

J'ai noté qu'au cours des années qui ont suivi le rabattement de nouvelles pousses sont apparues sur le pourtour des coupes des charpentières, portant dans certains cas à dix le nombre de repercements.

Acca sellowiana (Feijoa) : pousses d'âges différents apparues progressivement autour de la coupe d'une charpentière

Acca sellowiana (Feijoa) : pousses d'âges différents apparues progressivement autour de la coupe d'une charpentière

J'ai constaté aussi des repercements sur les troncs de la touffe, juste au-dessous de coupes de charpentières effectuées au ras de ceux-ci.

 

Vigueur des repousses

En mars 2017, soit 8 ans après le rabattement des charpentières, j'ai mesuré les repousses sur les touffes doublement transplantées.

Elles ont une longueur de 0,80 m à 1 m lorsqu'elles partent au niveau des coupes de charpentières les plus hautes (1,20 m) et elles ont jusqu'à 1,5 m de longueur lorsqu'elles partent au niveau des coupes de charpentières les plus basses (0,50 m).

Ainsi, les repousses ont été d'autant plus vigoureuses qu'elles partaient de plus bas.

Mais, pour une durée de 8 ans, il s'agit d'une repousse lente : 10 cm par an en moyenne pour les repousses le plus courtes et 20 cm par an au maximum pour les repousses les plus longues.

 

REPERCEMENTS INDEPENDANTS DES RABATTEMENTS

Au-delà des repercements après rabattement, j'ai constaté que de nouvelles pousses apparaissent tous les ans sur du vieux bois (sur les troncs et/ou sur de grosses charpentières en partie basse de la touffe).

Beaucoup de ces nouvelles pousses portent des fruits l'année qui suit leur naissance (bois d'un an), soit par émission de rameaux de l'année issus de bourgeons mixtes (contenant des ébauches de feuilles et de fleurs), soit directement sur le bois d'un an à partir de bourgeons uniquement reproducteurs (ne contenant que des ébauches de fleurs).

Acca sellowiana (Feijoa) : apparition de pousses directement sur tronc et grosse charpentière

Acca sellowiana (Feijoa) : apparition de pousses directement sur tronc et grosse charpentière
(noter les pousses récentes au-dessus de la plaie de taille mastiquée du tronc et sur la charpentière à droite)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : deux pousses récentes sur le haut d'un des troncs d'une touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : deux pousses récentes sur le haut d'un des troncs d'une touffe
(pousses de 2 et 3 ans sur tronc de 24 ans)

 

 Acca sellowiana (Feijoa) : point de départ de deux pousses récentes sur l'un des troncs d'une touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : point de départ de deux pousses récentes sur l'un des troncs d'une touffe
(pousses de 2 et 3 ans sur tronc de 24 ans)

 

RUSTICITE

 

Le Feijoa fait preuve d'une résistance au froid que l'on ne soupçonne pas pour un arbuste sempervirent à l'allure exotique.

Au cours des 17 ans de culture de mes feijoas, j'ai relevé plusieurs fois -7 °C et une seule fois -10 °C sur les thermomètres de la parcelle où ils sont plantés, sans observer aucun dégât de branchage ou de rameaux. Il s'agissait toujours de coups de froid brefs en fin de nuit, avec température positive dans la journée suivante.

Je n'ai pas pu observer l'incidence du gel sur la fructification car je n'ai pas l'expérience des froids négatifs sur les fruits. En effet, lorsque les périodes de froid négatif surviennent dans ma région (janvier et surtout février), j'ai déjà récolté depuis deux mois les derniers feijoas.

Je dispose cependant d'une observation rapportée par un ami : le samedi 19 novembre 2005, à Mont-de-Marsan, la température matinale a atteint -4 °C et a été suivie le lendemain d'une température de -2 °C, le matin également. Les feijoas ramassés après cette double gelée n'avaient subi aucun dommage.

Mais il semble que la rusticité des fruits soit bien supérieure. V. A. EVREINOFF, reprenant des témoignages d'arboriculteurs cités par G. N. VORONOFF en 1928, indique qu'en Caucasie (Soukhoum) les feijoas supportent des températures de -11 à -12 °C pendant "un certain temps", sans dégâts, ni pour l'arbre, ni pour la fructification (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

Cette résistance au froid des fruits ne me surprend pas, compte tenu de l'épaisseur et de la texture coriace de leur peau.

En ce qui concerne la résistance au froid de l'arbre, V. A. EVREINOFF rapporte aussi qu'en Crimée (Yalta), des feijoas ont subi une température de -15 °C, exceptionnelle pour la région, avec pour seules conséquences la perte de leurs feuilles et une absence de fructification.

V. A EVREINOFF ajoute qu'il connaît deux pieds âgés de Feijoa (un à Montauban et un autre au Jardin botanique de Toulouse), qui, "relativement abrités, il est vrai", n'ont pas souffert du redoutable hiver 1948-1949, ni de la longue période de gel de janvier-février 1954.

J'ai noté également que Charles BALTET, dans son ouvrage La pépinière (Masson et Cie éditeurs, 1903), signale qu'en Touraine un feijoa a supporté -12 °C sans abri, à l'angle d'un mur au sud-ouest, chez Edouard ANDRE (rédacteur en chef de la Revue Horticole).

Pour les températures négatives subies par l'arbre, je dispose de quelques observations que m'ont rapportées des correspondants dignes de foi et expérimentés (pépiniéristes, paysagistes, collectionneurs...), qui les ont réalisées personnellement.

Lors de l'hiver 2001, deux feijoas adultes ont résisté dans la région de Pamiers, en Ariège, à une température diurne de -12 °C survenue au cours d'une période de quinze jours consécutifs de gel.

A Châtellerault, en décembre 1996, deux exemplaires de Feijoa, l'un issus de semis et l'autre greffé de la variété 'Mammouth', ont enduré -14 °C au cours d'une semaine pendant laquelle les gels ont été toutes les nuits très proches de cette température. Ils n'ont été affectés que de quelques dégâts mineurs et fructifient depuis tous les ans.

Record absolu : dans la même région, et constaté par le même observateur (pépiniériste-paysagiste) en plein champ d'une pépinière, plusieurs feijoas ont subi lors de l'hiver exceptionnel de 1985 une pointe à -20 °C au mois de janvier, au sein d'une semaine de gels oscillant entre -15 °C et -17 °C. Ils étaient âgés de six ans et mesuraient 1,50 m de haut. Tous les sujets ont été complètement défoliés. Ils ont perdu entre un tiers et la moitié de leur branchage, selon les cas. Ils ont tous survécu à cet épisode...

Note de 2016 (version initiale de l'article publiée en 2007) : j'ai trouvé une observation intéressante sur le blog du Jardin d'épices (dont l'auteur ne se fait pas connaître), que je livre ci-après :

"Installé au jardin (région parisienne) depuis 6 ans, mon feijoa a d'abord été planté dans le verger, parcelle assez fortement exposée aux vents du nord et d’est. Il a résisté à des hivers très froids, des pointes à -17 °C, des journées complètes sans dégel. Il en a perdu toutes ses feuilles, mais à chaque fois il est reparti. Seul souci, en quatre ans il n’avait grandi que de 2 cm. Il y a 2 ans, j’ai donc décidé de le changer de place, pour le mettre le long d’un mur exposé au sud. A cet emplacement chaud et baigné de soleil, il a triplé de volume en quelques mois. Il fleurit régulièrement depuis 2 ans. Les fruits sont tombés l’année dernière ; cette année (2015), il tiennent mais grossissent peu."

En tout état de cause, pour un essai de culture dans les régions froides, je conseille d'envelopper avec des voiles d'hivernage les sujets de moins de cinq ans (moins de 1,5 m de haut) lorsque la température va chuter à -12 °C.

Je conseille également de planter les feijoas derrière une haie les protégeant des vents dominants qui renforcent l'acuité du froid.

 

MULTIPLICATION

 

Selon le plan suivant : semis, marcottage, bouturage, greffage.
 

SEMIS

Je n'ai jamais pratiqué le semis de Feijoa car il ne conserve pas la variété. Cependant, il donne de bons résultats pour l'obtention de porte-greffes.

Il convient de prélever les semences sur des arbres vigoureux. Pour séparer les graines, presser la pulpe sous l'eau et décanter.

Viabillité des graines conservées au sec : un an et plus.

Durée de germination : trois semaines.

Selon MAURI, transplantation à la taille de 3/4 cm (MAURI W. et G., Feijoa sellowiana. Sa multiplication. Revue horticole).

 

MARCOTTAGE

Je sais que le marcottage donne de bons résultats, mais je ne l'ai jamais tenté.

Il est assez long (6 mois selon plusieurs auteurs, 2 ans selon MAURI).

 

BOUTURAGE

J'ai essayé plusieurs fois le bouturage en pot, à la façon du grenadier ou du figuier, espèces pour lesquelles j'enregistre de très bons résultats avec cette méthode de multiplication. Je n'ai jamais eu un seul succès. De même, je n'ai constaté que des échecs chez les nombreux amateurs que j'ai vus tenter le bouturage.

En fait, le bouturage (qui s'effectue avec du bois semi-aoûté) requiert chaleur de fond, mist et substrat très léger (par exemple 60 % sable ou perlite et 40 % tourbe), avec hormones de croissance et fongicide.

Dans un rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande, B. AZAM et al. donnent quelques informations sur la méthode de bouturage utilisée par les pépiniéristes dans ce pays (Le Feijoa en Nouvelle-Zélande, B. AZAM, F. LAFITTE, F..OBRY, J. L. PAULET, Fruits, 1981, vol. 36, n° 6, pp. 361-384).

Les boutures de cultivars sont obtenues par la taille des arbres en production. Un rameau de trois noeuds, semi-aoûté et de la dernière saison, est coupé dans la partie inférieure de la plante mère en mai ou juin, c'est à dire novembre ou décembre dans l'hémisphère nord.

Les extrémités non aoûtées sont éliminées. Deux feuilles sont laissées à l'extrémité de la bouture, qui est trempée dans de l'IBA (acide indolbutyrique) à 2.000 ppm, ou du Seradix n° 3 en poudre. Ce sont les préconisations du Ministère de l'Agriculture. Cependant, la pépinière Hortex utilise une solution d'IBA à 3.000 ppm avec de l'alcool isopropylique servant de conducteur à l'hormone et de l'eau ionisée.

Les boutures sont plantées dans des pots en plastique ou en planches avec un mélange de 60 % de sable, 40 % de tourbe et une petite quantité de terrazol, environ 74 g / m 3 (provenance USA, Olin Corporation). Ceci permet de lutter contre le Phytophthora et le Pythium.

Les plants sont conservés 8 à 9 mois en serre avec des températures atmosphériques avoisinant 25 °C et une humidité relativement importante (arrosage par microjets, 10 secondes toutes les heures durant la journée).

Ils sont sortis de serre en février (soit août pour l'hémisphère nord) et placés à l'extérieur pendant une période d'adaptation, jusqu'à la vente en avril ou juin (soit octobre ou décembre dans l'hémisphère nord).

A l'époque de la vente, les plants font environ 50 cm de hauteur et le pépiniériste les taille à 30/40 cm avant départ de la pépinière.

Le taux de réussite du bouturage est d'environ 50 %.

Les auteurs précisent les soins à apporter aux plants de Feijoa (issus de bouture ou de greffe) importés de Nouvelle-Zélande en France.

Ils indiquent que la législation française permet que les plants ne soient pas mis à racines nues, mais seulement secoués pour évacuer le surplus de substrat, ce qui évite de détériorer les racines (contrairement aux législations américaine ou japonaise, qui imposent en outre que les racines soient lavées).

Ces informations de réglementation phytosanitaire datent de la rédaction du rapport (1981) et demandent donc à être vérifiées de nos jours.

Après secouage, les pépiniéristes néo-zélandais enroulent les plants dans de la mousse (sphaignes), puis les empaquettent dans du plastique.

Bien que le Feijoa soit une espèce à feuilles persistantes, une période d'adaptation est nécessaire lorsque les plants changent d'hémisphère.

A réception, il faut les transporter rapidement à leur point d'arrivée définitif, sans les dépaqueter, de façon à éviter les coups de chaleur. Il faut ensuite les rempoter dans un mélange suffisamment perméable dans des pots de 15 cm de diamètre et les placer dans un endroit frais et abrité. Ils doivent être plantés à 5-7 cm de profondeur.

Il faut les arroser abondamment de façon régulière et, lorsque la croissance reprend, leur fournir un engrais NPK équilibré.

Lorsque les plants ont pris 12 cm environ, on peut les rempoter dans des containers plus grands, ou les planter en pleine terre.

 

GREFFAGE

Les 13 sujets de ma plantation sont greffés. Et j'ai constaté que les cultivars de Feijoa proposés par les pépinières du sud-est de la France sont toujours des plants greffés. Toutefois, j'ai appris que depuis peu une importante pépinière de gros de Hyères (Var) multiplie des plants de cultivars de Feijoa par bouturage.

Je n'ai pas pratiqué la greffe de Feijoa, mais j'ai observé sur les nombreux plants greffés que j'ai manipulés que la greffe est effectuée au collet, avec la méthode à l'anglaise simple. Compte tenu des précautions particulières à prendre contre le vent, je comprends que les greffes soient réalisées au collet.

Selon l'excellent site Greffer.net, les autres méthodes de greffe possibles pour le Feijoa sont (en avril, sur porte-greffe de deux ans) l'anglaise compliquée, la fente simple au collet et le placage de côté. Le site précise que les greffages sont à réaliser en serre chaude, mais que, malgré tout, les résultats sont assez décevants...

MAURI indique une méthode qui donne 70 % de réussite (MAURI W. et G., Feijoa sellowiana. Sa multiplication. Revue horticole).

Les sujets de semis, en pots, sont greffés à l'anglaise au niveau du collet. La greffe étant très difficile à réussir en plein air, les pots sont enterrés en serre chaude dans un compost de tourbe, suffisamment pour que la plaie de greffe soit enfouie.

Au bout de trois semaines, la soudure est faite et les greffons sont partis en végétation. Les plants greffés sont alors extraits de la tourbe et rempotés.

La plaie de greffe est entourée de papier paraffiné. Au bout de deux ou trois semaines, le bourrelet de greffe s'est subérifié et le papier est supprimé.

Dans le rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande déjà cité, B. AZAM et al. évoquent le greffage du Feijoa dans ce pays (Le Feijoa en Nouvelle-Zélande, B. AZAM, F. LAFITTE, F. OBRY, J. L. PAULET, Fruits, 1981, vol. 36, n° 6, pp. 361-384).

Les auteurs indiquent que certains arboriculteurs de Nouvelle-Zélande utilisent la greffe, pratiquée au printemps sur scion de un ou deux ans, sans sève si possible.

Ils soulignent que pour les pépiniéristes, cette méthode présente l'inconvénient d'être nettement plus longue que la bouture (si l'on inclut le temps d'obtention des porte-greffes) et d'être aussi plus onéreuse. Ils précisent que le greffage présente l'inconvénient des repousses à partir du porte-greffe et que les planteurs néo-zélandais préfèrent les plants issus de boutures.

J'ai également trouvé dans d'autres publications l'indication que le porte-greffe (qui est un franc) pouvait poser des problèmes de drageonnement. Pour ma part, je n'ai pas constaté de présence importante de rejets au pied de mes feijoas.

Il m'est arrivé, à quelques rares reprises, de devoir tailler au ras du sol des drageons, assez faibles d'ailleurs, qui poussaient au bas de la touffe, en périphérie immédiate des jeunes troncs. Aucun des drageons n'a été tenace et, la touffe prenant de la force, ils ne sont pas réapparus après avoir été taillés.

Mais, avec des plants nouvellement plantés, j'ai été parfois confronté à une problématique particulière : au bout d'un an ou deux, la greffe devient invisible et, en présence de rejets aussi vigoureux que le greffon, j'ai eu du mal à repérer le greffon si celui-ci n'était pas tuteuré, pour savoir ce que je devais couper au ras du sol. 

Il est donc important de repérer (petit bambou au pied) le greffon nouvellement planté, s'il n'est pas tuteuré, pour ne pas se trouver dans une situation particulièrement embarrassante si des rejets vigoureux de porte-greffe se font jour...

Cette problématique particulière est également relevée dans le rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande précité.

 

 

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