Chapitre de l'article "L'Asiminier"
Auteur : Sergio Carlini. Publié en 2007

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L'Asiminier  Asimina triloba (L.) Dunal

Culture - Multiplication

 

 

CULTURE

 

CLIMAT

L’environnement idéal est un climat tempéré, côtier ou continental, avec des étés relativement chauds (mais pas torrides) et des hivers froids. 

La plante est classée comme rustique en zones  USDA 5-6. Elle résiste vraiment bien au froid (-25°C).

Elle a des exigences importantes de froid durant la saison hivernale : 400 unités de froid (l’unité de froid correspond à la durée, en heures, pendant laquelle les températures restent inférieures à 7°C soit 45°F). 

Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, elle ne fleurit pas de manière satisfaisante au printemps suivant.

Certains cultivars ont des besoins en froid hivernal moins importants.

 

SOL

Etant donné son environnement naturel d’origine (plaines alluvionnaires, bords de ruisseaux ou torrents, souvent soumis en surface ou en sous-sol à un écoulement d’eau, avec du terrain meuble, limoneux, riche en détritus ou résidus végétaux), il faut considérer cette plante comme peu résistante à un climat chaud-aride.

L’Asiminier apprécie les terrains meubles et bien drainés et ne supporte pas les terrains inondés ou asphyxiés.

Il préfère les terrains ayant un pH neutre ou sub-acide (entre 5,5 et 7,5).

Pour la maturation des fruits, il faut une période exempte de gelées (période entre la dernière gelée de printemps et la première d’automne) d’au moins 160 jours.

La plante adulte est adaptée à une exposition de plein soleil.

Les grandes feuilles peuvent souffrir dans des sites exposés à des vents violents.

L’Asiminier est une plante relativement frugale mais il a été constaté que dans son environnement naturel, lorsque les conditions de sol ou météorologiques sont critiques alors que sa survie n’est pas compromise, la fructification se trouve réduite ou quasi inexistante.

En condition de sol riche, souple et profond, comme celui que l’on observe dans un potager, la plante peut produire une importante végétation et une fructification exagérée.

 

TRAVAUX CULTURAUX

Il est nécessaire de pratiquer des préparations profondes du terrain et de l'enrichir en nutriments.

Pour ce deuxième point, la pratique du "mulching" est utile (fauchage et tonte de l’herbe sous la plante et abandon des résidus sur le sol). Il en est de même pour l’épandage de compost en surface afin de favoriser l’activité de lombrics et d’insectes dans le sol.  

De telles activités de décomposition ne dérangent pas les racines de la plante (présence des pesticides naturels dans celles-ci).

L’enrichissement avec des résidus végétaux permet de maintenir le niveau adéquat d’humidité et d’acidité du terrain.

Après la plantation, il convient d'éviter des lésions physiques engendrées par des travaux profonds.

Les racines sont sensibles, souples, délicates et subissent facilement des dégâts.

Il est important de planifier une plantation en considérant toujours les dimensions que la plante aura une fois adulte, c’est-à-dire une largeur maximale de 2,5-3 mètres et une hauteur maximale de 2,5 à 3,5 mètres lorsqu’elle est normalement conduite.

Pour les plantations extensives, il faut compter 5 mètres entre les rangs et 3,50 mètres sur le rang, avec une orientation nord-sud.

Les tailles hivernales de conduite sont importantes afin de contenir les dimensions de la plante, surtout en hauteur.

 

MALADIES - PARASITES - RAVAGEURS

Etant donné la "stratégie constitutionnelle" de la plante qui lui permet d’être un dépôt naturel de pesticide, il est compréhensible qu’elle soit exempte des divers types d’infestation par les insectes ou les nématodes, ou par d’autres agents pathogènes.

Alors que la plante s’est spécialisée au fil du temps, certains insectes ont aussi évolué et sont devenus résistants au pesticide naturel de l’Asiminier. Autant dire que ces plantes sont devenues, pour ces insectes, des champs alimentaires sans concurrence.

Mais de tels insectes ne présentent en général pas de problèmes majeurs pour la plante.

Il faut signaler qu'un papillon particulier, plutôt rare et intéressant, est attiré par les asiminiers.

Il s'agit de Eurytides marcellus Cramer (le "zebra swallowtail butterfly", c'est à dire le papillon zébré à queue d'hirondelle).

Eurytides Marcellus Cramer

Eurytides Marcellus Cramer
Crédit : Megan McCarty (Wikipedia)

L'Asiminier est la plante hôte de sa chenille. Il y dépose ses oeufs. Les larves s'y développent en se nourrissant des feuilles, puis se transforment en chrysalides d'où sortent les individus adultes.

Les oiseaux et les insectes peuvent s’attaquer aux fruits, riches en sucres et arômes, d’autant plus s’ils sont abîmés.

En règle générale, il faut exclure toute application de pesticide.

En outre, il est recommandé de faire attention à ce que les traitements appliqués aux autres plantes (par nébulisation par exemple) n'entrent pas en contact par le vent avec les asiminiers.

 

 

MULTIPLICATION

 

SEMIS 

La reproduction par semis est assez facile.

Les graines sont récoltées à partir de fruits mûrs et doivent être bien lavées. 

Elles peuvent être semées immédiatement.

Elles peuvent être conservées sans traitements ultérieurs, mais doivent alors subir un processus de stratification dans de la terre ou dans du sable humide et froid (au gel). On peut aussi les placer dans le compartiment bas d'un réfrigérateur, mais il faut alors les emballer dans un chiffon humide.

Important : les embryons des graines sont immatures et nécessitent impérativement les mêmes quantités de froid hivernal qu’une plante adulte, pour pouvoir entrer en dormance, mûrir et germer l’année suivante ; c'est la même technique que celle utilisée pour le cerisier, le pommier, le pêcher, l'abricotier, etc.

Lorsque les graines sont conservées constamment en environnement réfrigéré, elles gardent leur faculté germinative pendant quatre ans et plus.

La reproduction par semis est simple, mais elle ne garantit pas la conservation des caractéristiques de la plante mère.

Il faut considérer le semis comme moyen de base pour la sélection de variétés ou comme source de porte-greffes.

La germination des semis effectuée en terre neutre ou sub-acide, à mi-ombre et en sol relativement profond, est fortement influencée par la température. En pépinière, avec des températures comprises entre 24 et 29°C, il faut compter environ 9 semaines pour voir pousser les premières plantules. Toutefois, avec des températures optimales, comprises entre 28 et 32°C, il est possible de gagner deux semaines.

Avec des semis effectués normalement en automne, la germination a lieu en juillet-août. Au début, les cotylédons n’émergent pas du sol ; le premier développement ne se fait que lorsqu’une longue racine de 15-25 cm  s'est formée.

La jeune tige apparaît ensuite.

Il est conseillé de légèrement ombrager les jeunes plantes durant les deux à trois premières années.

Les plantes de 10 à 15 cm de haut doivent être transplantées dans un pot profond, d’une hauteur comprise entre 35 et 40 cm, et peuvent être maintenues jusqu’à une hauteur allant de 60 à 100 cm, avant d’être plantées à l’emplacement définitif.

Mais, au vu de la difficulté de transplantation, il est préférable de semer directement dans un grand contenant ou directement à l’emplacement final.

La transplantation est une phase délicate qui doit s'effectuer en faisant attention de ne pas perdre la terre autour des racines.

Des éventuels traumatismes des racines, liés à la transplantation, peuvent produire des arrêts végétatifs temporaires.

Mais maintenir longtemps la plante dans un pot peut aussi arrêter la croissance.

Il vaut mieux transplanter les plantes dans le site définitif juste avant le réveil végétatif (début du mois de mars) ou à l’automne, mais pas en été ou au printemps avancé, même si, techniquement, avec des plantes en pots, la transplantation est possible en toutes saisons.

S’il est possible de fournir de manière adéquate les protections et soins directement sur son emplacement définitif (irrigation, protection mécanique avec tuteurs et barrières, engrais, ombrage, etc.), il convient de transplanter dans le site final des plantes de dimension relativement petite.

 

GREFFE

La multiplication végétative par greffe est praticable avec un bon taux de réussite en utilisant les différentes techniques courantes de greffage.

Ne pas oublier de distinguer les bourgeons végétatifs des boutons à fleurs (les bourgeons végétatifs sont étroits et longs).

Ne pas oublier non plus que les branches coupées desquelles seront prélevés les bourgeons, ou avec lesquelles il est possible de préparer les greffes hivernales, ont les mêmes exigences en froid que la plante. Donc, en cas de conservation, maintien au réfrigérateur ou stratification en milieu froid.

 

DRAGEONS

Les asiminiers ont tendance à produire des drageons (rejets nés des racines superficielles). Ainsi, dans la nature, se forment de véritables bosquets constitués de plants développés à partir des drageons.

La multiplication par prélèvements de drageons ne donne pas de bons résultats.

Si l'on veut tenter de multiplier l'Asiminier par drageons, il convient de respecter le principe suivant : pour les Annonacées, il faut impérativement attendre le début du printemps pour récupérer un drageon en vue de le replanter avec succès.

Mais il faut savoir que le réseau radical, qui est délicat, reste entier et est difficilement séparable ; il est difficile d'isoler les radicelles en état fonctionnel, c'est à dire dotées des capillaires radicaux terminaux (ceux-ci sont sensibles et se prêtent peu à être extraits du sol sans altération ou destruction).

 

BOUTURE - MARCOTTE

La reproduction par bouture ou marcotte ne donne pas souvent de bons résultats.

 

 

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